J’écris parce que, depuis l’enfance, j’observe et j’analyse inéluctablement, même les choses les plus anodines. J’ai toujours aimé comprendre, apprendre, me cultiver — sans voyeurisme, sans intrusion dans la vie des autres.
Longtemps, cette agitation intérieure est restée chaotique. Une pensée qui part dans tous les sens, un esprit instable en quête de forme, sans jamais parvenir à produire quelque chose de concret.
Avec le temps, j’ai compris qu’écrire n’était pas une fuite, mais une canalisation. L’écriture transforme cette anarchie mentale en univers fictifs, en histoires où le désordre trouve une forme, un rythme, une cohérence.
Ce que j’explore à travers ces récits n’est pas une vérité à démontrer, mais une question essentielle : ai-je trouvé la bonne voie avant la fin ?
Seuls les lecteurs peuvent y répondre.
Je ne me suis jamais senti attiré par le sensationnel, la facilité morale, ni par les récits creux, même bien écrits. J’attends d’une histoire qu’elle laisse des traces, pose des questions pesantes, et dérange parfois — surtout après la dernière page.
Hogan est devenu le point de départ de cet univers presque par accident : un personnage éphémère dans une œuvre inachevée, devenu central, au point de rendre possible l’existence de tout le reste.
Le silence, le non-dit et l’inconfort occupent une place essentielle dans mes récits. Il m’a toujours semblé qu’ils pouvaient parfois en dire plus que l’explication exhaustive.
L’inconfort n’y est jamais définitif : il s’atténue souvent à la relecture — sauf à la fin, où certaines questions demeurent.
Avec le temps, certains récits ont pris forme, d’autres sont restés à l’état d’ébauche. Quelques-uns mûrissent pour être partagés avec les lecteurs, d’autres demeurent personnels.
Lorsqu’ils existent, ils empruntent des genres différents : certains se croisent, d’autres non, mais ils finissent souvent par revenir aux mêmes questions : la justice, l’injustice, et la frontière fragile qui les sépare.
